Analyse de rêves

Norman Rockwell, autoportrait

L’analyse des rêves, c’est la pratique de la psychanalyse par excellence. Freud disait que les rêves sont la voie royale vers l’inconscient. Il avait raison.

Lorsque je dis : je suis allé en week end avec ma mère…euh, non avec ma femme, on dit que j’ai fait un lapsus. Les lapsus sont trop rapides, trop ténus souvent inaperçus. Et même lorsqu’ils le sont, aperçus, ils restent très pauvres dans le déploiement associatif qu’ils permettent. L’exemple que je viens de donner est l’un des plus massifs qui soit. Il ouvre sur la question oedipienne. Donc oui, lorsqu’il y en a un, on peut s’y intéresser, Mais ça demande de nombreux approfondissements. En général, ça ne donne pas accès à la mémoire de la toute petite enfance.

De même, les actes manqués, par exemple lorsque je me trompe de métro, de direction, que j’oublie de poster un lettre ou un paquet. Souvent, l’analyse de ces actes manqués montre qu’il s’agit d’une préoccupation actuelle. Il est rare que la mémoire archaïque, celle de la toute petite enfance, y soit impliquée.

Les rêves sont donc un accès irremplaçable à la mémoire de la toute petite enfance, Non seulement la mémoire de ce qui c’est passé, mais aussi de ce qu’on a fantasmé à cette époque, qui se présente souvent comme un souvenir de réalité. Démêler la réalité du fantasme peut avoir un intérêt, mais l’important reste de pouvoir dire les deux, avant d’en juger.

Tel est faune…

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Père ou mère?

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C’est bien long cette grossesse !

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Place du sujet et place de la chaussure pointue, substitut phallique

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Exam de littérature : un abord du Réel

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Au train où ça va

http://Au train où ça va

Un tour de France

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Feutre jaune

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Marmite de rattrapage

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deux rêves, une problématique : la castration

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Une forme molle d’apparition du Réel

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Un mouvement de découpe de la rondelle. Le Réel en chiffons

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Ecriture et parlure

une comparaison entre le texte d’un rêve dicté dans l’Iphone au matin (oral), et celui tapé directement sur l’ordinateur en puisant dans la mémoire (écrit).

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Se débarrasser du Réel

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l’acoupure, qui ne se ferme pas : elle ne produit ni rondelle de surface, ni trou. le Réel

Des souvenirs d’avant le langage 2

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Automatisme du fonctionnement symbolique. 

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Par la fenêtre

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Sauce tomate : Signifiant, signifié ou signification ? 

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Narcissisme

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Un oubli

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Hors la scène, le Réel

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Foule

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Présence de l’invisible

Mise en relation d’un rêve avec le film de Valeria Bruni-Tedeschi

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dimanche 9 juin 2019


Je suis à la douane ou à la police dans un aéroport, pour rentrer en France. Je suis en Roumanie ou en Angleterre. Un employé à la voix suave, parlant un excellent français me demande le feuillet jaune. Je dis que je ne l’ai pas. On ne m’a pas donné de feuillet jaune. Y’a pas besoin de rajouter quoi que ce soit, il passe au client suivant. Pas de feuillet jaune, pas de passeport, pas de tampon, pas de départ. je sais pas comment je vais faire ! Là, je regarde à nouveau dans mes papiers, ma valise, mon sac. Je suis paniqué. Je pense à appeler l’ambassade dont je vois l’immeuble par la fenêtre, c’est à dire l’hôtel continental. 

Une dame âgée me dit que j’ai plus qu’à téléphoner à l’ambassade. Elle me dit qu’en effet, c’est à l’hôtel continental. C’est pas très loin, mais j’apprends qu’il n’y a plus que 35 minutes avant le décollage de l’avion. C’est raté, quoi ! Jamais j’aurais le temps d’y aller, de faire les formalités, de revenir. Là, je me dis que, après tout, j’ai peut-être jeté ce papier. Je me revois en train de jeter quelque chose à la poubelle, mais c’est un papier blanc; comme il est plié en 4, y’avait peut-être le jaune à l’intérieur. J’ai peut-être pas fait attention. C’est peut-être de ma faute; du coup je me réveille

Je ne peux pas retourner dans mon pays natal. Donc, à l’origine. Il me manque ce feuillet jaune qui doit avoir à faire avec le pipi. On ne m’a pas donné ce feuillet c’est-à-dire on ne m’a pas tout dit sur mon origine. Ce qui explique que je ne peux pas retourner en ce lieu qu’en fait je ne connais pas. C’est à la fois tout près (je vois l’immeuble par la fenêtre) (dans le cadre) et trop loin : un autre continent, impossible à atteindre dans le temps imparti. Pourquoi 35 minutes, je sais pas, si ce n’est que chez moi, les séances durent 30 minutes, et que parfois je laisse quelques minutes de plus quand la personne a vraiment quelque chose à finir ou une émotion à écluser. Visiblement, j’ai le sentiment que, pour moi, ce serait insuffisant ! 

Autrement dit : c’est peine perdue, je n’arriverai jamais à trouver toutes les infos sur l’origine, certaines sont définitivement perdues. C’est la que ça rejoint la castration, par métonymie : la perte du pipi pourrait suggérer la perte de l’organe qui en organise la perte. 

J’ai jeté quelque chose à la poubelle du refoulement. Un message en blanc, a voilé le message en jaune. Le jaune était caché sous le blanc, soit : des informations sur le pipi étaient cachées sous la peau du zizi. On ne peut pas me donner mon passeport pour l’âge adulte, pour le grandissement, si je n’ai pas appris à retenir mon pipi, au lieu de le jeter n’importe où. 

Le jeter n’importe où, ça supposerait donc de jeter le bébé avec l’eau du bain c’est-à-dire le zizi avec le pipi. Le feuillet jaune à la poubelle. 

Comme c’était dans la même nuit que le rêve du contrôleur, je me dis que ce monsieur à la voix suave est une autre forme du contrôleur. 

Autrement dit, dans les deux cas, il s’agit du surmoi, cette partie de moi-même qui surveille à la fois que je suis bon pour vivre en société ( je fais pas pipi n’importe où) et si je suis bon pour faire mon travail d’analyste (je n’ai pas perdu le feuillet jaune, c’est-à-dire le phallus) : c’est-à-dire que je suis bien retourné à l’origine, de façon à pouvoir à mon tour y conduire les gens.  

Je commence à en avoir l’habitude : la Roumanie est un voile pour la Pologne, le pays de ma mère. Un déplacement sur le côté, ou vers le sud. L’Angleterre est le seul pays étranger dont je parle la langue. Or, il s’agit de parler la langue de ce pays étranger qu’est l’inconscient : par exemple, ce message jaune caché sous le message blanc. 

La vieille dame qui me confirme que l’ambassade est bien à l’hôtel continental, c’est elle aussi. L’origine, c’est elle ! 

Je dis souvent, avec Freud, que la représentation et l’affect sont les deux ambassadeurs de la pulsion. Il faut donc faire un tour à l’ambassade si on veut piger quelque chose de la pulsion, qui est quoi ? Rien de bien matériel, ce qui supposerait un fluide, ou une énergie matérielle. C’est juste le trou de connaissance de l’origine. Or, je vois l’ambassade par le trou de la fenêtre, qui encadre ainsi ce qui pourrait me redonner un substitut de feuillet jaune. Construire une représentation, c’est en effet encadrer le Réel, mettre un trou autour afin de le symboliser. 

Mon rêve aspire à cette symbolisation mais constate que je me heurte à l’impossible : en 35 minutes, disons par extension : dans le temps d’une analyse, même en ajoutant des prolongations, ce n’est pas possible. 

L’affect qui peut me venir en ambassadeur de la  pulsion à ce moment là n’est rien d’autre que la panique, soit l’angoisse. Mais cette panique ne vient pas du Réel lui même, plutôt rassurant, de l’autre côté de la fenêtre. Elle vient de mon sentiment de culpabilité d’avoir moi-même jeté le message à la poubelle, soit, d’avoir accompli la castration. Disons que cela, c’est symbolisé : le rêve dit bien que j’en ai une trace dans ma mémoire. Cette trace ne dit pas tout, mais c’est de ma faute : je suis l’agent du refoulement, ce qui revient à être mon propre contrôleur.    

dimanche 9 juin 2019

Je dois prendre le bus et il me part sous le nez. je saute dans la 2 cv et je cours derrière le bus avec la 2CV. J’arrive à destination juste après lui. Dans le hall d’accueil du buse, je passe devant le contrôleur avec mon ticket entre les dents. À ce moment-là, il m’échappe et volète avant de se poser aux pieds du contrôleur. Il va pour le ramasser, pour le mettre à la poubelle sans doute, mais je dis : non ne faites pas ça! c’est un ticket que je n’ai pas utilisé, car je n’ai pas pris le bus. Je viens d’arriver, une minute après vous. 

Dans le rêve précédent, il y avait une salade spaghetti et les spaghettis ressemblaient à des chevilles pour vis, vertes, enfin, vert-noir.  

C’est curieux, ma première association va à mon premier contrôleur, celui auquel je racontais mes « cas » à une époque où, comme tout le monde, je pensais cela nécessaire, puisque c’est ce qui se disait partout. Avec le recul, je sais à présent que ce type (que j’aimais bien, au demeurant) ne savait pas faire un contrôle, comme il ne savait sans doute pas grand-chose de ce qu’est l’analyse. En effet, chaque fois que je lui racontais un « cas » et que j’arrivais, dans mes associations, à moi-même, quelque chose de moi auquel cet élément du « cas » me faisait penser, il me disait : parlez-en à votre analyste. Or, quand j’en parlais à mon analyste, il se foutait de ma gueule, tellement il trouvait que je me débrouillais mal. Je n’avais donc aucun lieu pour en parler. 

Dans les deux cas, je n’ai appris qu’une chose, ce qu’il ne fallait pas faire. Dans le cas de l’analyse : ne pas se foutre de la gueule des gens, quoiqu’ils disent . 

Dans le cas du contrôle : ne pas les renvoyer à leur analyste car, le contrôle, c’est une analyse. Ce qu’il y a à analyser, ce n’est pas le dire de l’analysant, c’est justement ce que le dire de l’analysant a fait résonner chez l’analyste. Ce n’est rien d’autre que la même chose que, dans une analyse, quand l’analysant raconte le dire de quelqu’un d’autre, qui que ce soit, l’aider à entendre ce que ça fait résonner chez lui. 

J’y ai pensé en me penchant sur l’analyse de ce rêve, au seul vu du mot « contrôleur ». En effet, je n’ai pas pris le bus, je me suis débrouillé par mes propres moyens. Il a bien fallu, vu l’incompétence des professionnels auxquels je m’étais adressé. Le bus « me part sous le nez » c’est ce que ça veut dire. 

Ceci dit, je n’ai jamais eu de 2CV. C’est mon frère Michel qui en avait une, quand j’avais entre 10 et 12 ans. Donc, cela renvoie à une identification à mon frère, puisque je conduis SA voiture. À entendre : « identification à l’agresseur » vu que j’ai des soupçons de viol de lui (ou de son jumeau, ou les deux) à mon égard. En effet, le 2CV « colle au cul »  du bus pendant tout le trajet. Un ticket, c’est fait pour mettre dans une fente puisque, de nos jours, des appareils fente ont remplacé les contrôleurs. C’est donc un phallus. 

Je n’ai donc pas utilisé mon phallus pour enculer mes frères, c’est plutôt l’inverse qui s’est passé. Par contre, je tiens à garder mon ticket, c’est-à-dire mon phallus pour un voyage ultérieur, c’est-à-dire une revanche. Le fait que je le perde au moment de passer devant le contrôleur signifie : castration. Le contrôleur, y compris en psychanalyse, est celui chargé de contrôler votre aptitude à pratiquer l’analyse ; du moins, dans l’imaginaire. Et là, métaphoriquement, je me suis bien fait enculé, par le contrôleur, comme par l’analyste. Si mon contrôleur est toujours resté sympathique avec moi (sans faire son métier, cependant), ce n’a pas été le cas de mon analyste qui était toujours sur le point de jeter mon ticket à la poubelle, ce qui a entrainé mon voyage de revanche effectué par moi-même.  

« Ce que le dire de l’analysant a fait résonner chez l’analyste » : voilà ce que les situations transférentielles dans lesquelles je me suis trouvé ont fait résonner de mon histoire personnelle. 

Le rôle du contrôleur, comme de l’analyste, n’est justement pas de contrôler cette aptitude. Ce n’est pas un examinateur. C’est quelqu’un qui vous aide à trouver en vous-même les points de repères adéquat pour aider quelqu’un. 

Le rêve des spaghettis comporte une allusion toute actuelle. Pour une fois, j’ai réalisé quelques travaux chez moi et j’ai eu à choisir entre des chevilles vertes et des chevilles noires. Il est clair que la différence essentielle entre des chevilles et des spaghettis réside dans la longueur. Et comme les chevilles sont là pour être enfoncées dans un mur, nous avons une autre image du rapport sexuel, dans ce qu’il a de problématique : soit on a longueur, mais c’est mou, soit on a la rigidité, mais c’est pas assez long. Entre les vertes et les noires, il y avait en effet quelques millimètres de différence. De plus, une cheville, ça pénètre, mais c’est fait pour se faire ensuite  pénétrer. 

Autrement dit : pas de phallus sans castration, pas de masculin sans féminin. 

Au Tivoli(t)

https://unepsychanalyse.files.wordpress.com/2019/06/tivolit_richard_abibon.pdf

La tentation de Saint Antoine

https://unepsychanalyse.files.wordpress.com/2019/06/tentation_de_saint_antoine.pdf

Rapport du rêve avec la Vorstellungsrepräsentanz de Freud (voir la page « discussion théoriques »)

Des souvenirs antérieurs au langage ?

https://unepsychanalyse.files.wordpress.com/2019/06/souvenirs_anterieurs_au_langage.pdf

UN rêve et un film : « L’enfant d’en haut », de Ursula Meier. 

https://unepsychanalyse.files.wordpress.com/2019/07/l_enfant_d_en_haut.pdf

Un rio à Rio pour OSS 117

un exemple de rêve qui fait bouger la théorie

https://unepsychanalyse.files.wordpress.com/2019/07/rio_a_rio.pdf

Rêve et paranoïa

c’est en trouvant la psychose à l’intérieur de soi-même que l’on trouve la ressource à supporter la psychose des autres.

https://unepsychanalyse.files.wordpress.com/2019/07/reve_et_paranoia-.pdf

Un rêve d’auto-engendrement

https://unepsychanalyse.files.wordpress.com/2019/07/reve_d_auto_engendrement.pdf

Un rêve qui entre en résonnance avec des voix entendues par des sujets aux prises avec la psychose

https://unepsychanalyse.files.wordpress.com/2019/07/resonnance_voix_reve.pdf

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